
Mohamed Harbi tire sa révérence. Après une vie remplie, faite d’engagement militant et intellectuel. Engagé très jeune dans les rangs du PPA- MTLD puis au sein du FLN, il participe activement à la lutte de libération nationale. Il a occupé de hautes fonctions au sein du parti et a mis ses compétences et ses contacts dans les milieux militants d’extrême gauche à l’international au service de la cause indépendantiste. Sans endosser toutes les méthodes et orientations du FLN qu’il critiquait déjà à l’époque. Sa formation marxiste et sa proximité avec des groupes trotskystes et libertaires en France ou ailleurs en Europe mettaient parfois ses positions en porte à faux avec celles du FLN.
À l’indépendance, il était avec son camarade Hocine Zehouane, un fervent partisan de l’autogestion des domaines agricoles et des usines occupées par les travailleurs et les ouvriers agricoles suite au départ précipité des colons. C’est la tâche à laquelle il va s’atteler au sein du gouvernement de Benbella en animant le bureau national de l’autogestion du secteur socialiste. Là encore il va à contre-courant, et se confronte aux aspirations des courants de la petite bourgeoisie. Car la majorité des dirigeants du FLN de l’époque et du GPRA étaient des partisans de l’étatisation des domaines ou de leur privatisation. Cette parenthèse sera refermée suite au coup d’État de Boumediene de juin 1965 contre lequel Harbi va se lever pour le dénoncer. Il met sur place avec Zehouane, Bachir Hadj Ali et d’autres militants communistes l’organisation de la résistance populaire (ORP) pour tenter de mobiliser contre ce coup d’état. Ça lui a valu des années de prison puis une libération sous résidence surveillée. Il échappe à la vigilance des surveillants et prend le chemin de l’exil pour se consacrer à la recherche. Sa production en tant qu’historien a été prolifique en plus de sa rigueur. Ses livres et travaux ont contribué à enrichir les connaissances sur le.mouvement national et la guerre de libération,. produisant une connaissance critique loin des discours mystificateurs.
Il laisse derrière lui un héritage immense fait d’engagement politique révolutionnaire et de production intellectuelle importante. Que son itinéraire et ses travaux puissent inspirer tous les militants qui militent et poursuivent les mêmes idéaux ; ceux de l’émancipation, de la fin de la domination coloniale et de l’exploitation capitaliste.
Hada Raïna

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