Nous célébrons cette année la journée du 1 er mai dans un contexte mondial des plus durs pour les travailleurs de tous les pays.
Entre offensive tous azimut du patronat contre les acquis sociaux et politiques du mouvement ouvrier arrachés de hautes luttes durant le siècle passé et le redéploiement impérialiste sur fond d’exacerbation de la concurrence autour du contrôle des minerais et des chaînes d’approvisionnement, le capitalisme offre pour horizon la guerre et la misère aux travailleurs et à toute l’humanité.
Durant deux ans Israël avait commis un génocide en Palestine avec l’appui de l’impérialisme américain et des pays européens qui lui ont apporté un soutien politique et militaire sans failles. Cela l’a conforté dans ses visées génocidaires et expansionnistes en élargissant son champ de bombardements au Liban, en Syrie et en Iran. L’agression américano-israélienne se poursuit encore contre l’Iran en plus de l’embargo économique qui lui est infligé depuis des décennies. La fermeture du détroit d’Ormuz qui en est résulté a perturbé le marché mondial des hydrocarbures, des engrais engendrant un renchérissement des produits alimentaires et énergétiques.
Les répercussions de cette guerre se font cruellement sentir dans plusieurs pays en particulier dans les maillons faibles du capitalisme dépendants des importations de gaz, de pétrole et autres minerais transitant par le même détroit.
Dans plusieurs pays de l’Asie du Sud-est certains secteurs de l’activité économique tournent au ralenti et l’inflation a galopé touchant des produits alimentaires de large consommation. Au Maroc l’envolée des prix des carburants et de la bonbonne de gaz grignote les salaires déjà faibles et risque d’accentuer la paupérisation de pans entiers de la population. Quant aux autres pays d’Afrique qui importent le blé, les engrais et autres produits alimentaires, la facture a grimpé et les prix sont hors d’atteinte pour des millions de travailleurs et chômeurs.
Cette crise énergétique consécutive aux multiples agressions impérialistes risque de déboucher sur une autre crise alimentaire dans un contexte de dérèglement climatique et de sécheresse qui menacent de famine plusieurs centaines de millions de personnes.
Si l’Algérie tire son épingle de jeu, étant un pays exportateur de pétrole et de gaz, il n’en demeure pas moins qu’elle en subit les conséquences en étant aussi un pays importateur de plusieurs produits manufacturés et agricoles. L’inflation s’est installée durablement, le prix de la tomate, des fruits ont explosé. Les viandes sont des produits de luxe. Le maintien de la politique de subvention facilite l’accès à toute une gamme de produits de base et jugule quelque peu les effets de l’inflation. Néanmoins, les augmentations salariales demeurent sans grands effets à défaut d’une politique contre la spéculation et le contrôle des circuits de distribution livrés à des grossistes prédateurs. Les libertés syndicales et le droit de grève sont muselés, le pouvoir poursuit son cours autoritaire. Tout en se montrant plus généreux vis à vis de la bourgeoisie nationale, des IDE ( Investissements directs étrangers) et des multinationales en leur octroyant crédits, foncier et avantages fiscaux avec une législation taillée sur mesure. Autant de gages donnés à l’impérialisme notamment américain avec qui il signe partenariat sécuritaire et économiques.
Partout les peuples sont pressurés. Cependant, cette situation alarmante pour les masses est une aubaine pour les grands groupes agro-industriels et les multinationales du pétrole et du gaz. La spéculation va bon train et Total énergie, à titre d’exemple, a empoché 5,8 milliards de dollars au premier trimestre de cette année. Idem pour l’industrie de l’armement qui multiplie ses profits et augmente ses carnets de commandes pour fabriquer des engins de morts sophistiqués.
Quel gâchis que de mettre autant de savoir technique au service des marchands de morts ! Une raison de plus pour renverser ce système pourri et mettre au profit de l’humanité tous les développements techniques et les richesses que ça génère. Les nombreuses manifestations à l’échelle internationale contre le génocide en Palestine, les soulèvements contre les dictateurs au Sri Lanka, à Magadascar ou contre la politique guerrière de Trump montrent la force des travailleurs et des masses populaires quand ils se mobilisent. Une force énorme capable d’ouvrir un horizon nouveau. Surtout s’ils réussissent à surmonter les nombreux pièges que leur tendent les classes dominantes qui, en fonction du contexte utilisent le nationalisme, le racisme ou le confessionnalisme pour diviser notre classe sociale et monter une partie contre une autre.
Le 1er mai est justement ce symbole de lutte des travailleurs pour l’émancipation de l’humanité au-delà de ses différences culturelles, ethniques ou religieuses. C’est un symbole qui nous rappelle les conquêtes des travailleurs et la nécessité de renverser le capitalisme.
Ce combat pour le socialisme est d’une nécessité impérieuse car la classe capitaliste qui dirige le monde actuellement le mène à la ruine. Socialisme ou barbarie est plus que jamais d’actualité !

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